De nombreuses entreprises camerounaises n'ont pas une vision claire de leur propre situation financière parce qu'elles ne produisent pas d'états financiers, et le problème touche d'abord les petites et moyennes entreprises, a déclaré à Genève le ministre des Finances Louis-Paul Motaze. S'exprimant à la 43e session du Groupe d'experts intergouvernemental des normes internationales de comptabilité et de rapport (ISAR), il a affirmé que ces entreprises représentent plus de 99 % de l'économie. Son appel : des données financières fiables, comparables et utiles, et un lien entre l'information financière, l'information en matière de durabilité et le renforcement des compétences.
L'essentiel
- Où : la 43e session de l'ISAR, à Genève, en Suisse.
- Qui a parlé : le ministre des Finances du Cameroun, Louis-Paul Motaze.
- Son chiffre : les petites et moyennes entreprises représentent plus de 99 % de l'économie.
- Priorités : renforcer le cadre juridique, améliorer la coordination institutionnelle, développer les compétences et les systèmes de données numériques.
- Pourquoi maintenant : des besoins d'investissement pressants exigent que des informations crédibles soient mises à la disposition des prêteurs.
Pas d'états financiers, pas de visibilité
Le ministre a commencé par un diagnostic simple : l'absence d'information financière fait que de nombreuses entreprises camerounaises n'ont pas une vision claire de leur propre situation économique. Si une entreprise ne peut pas présenter des comptes propres, une banque ou un investisseur ne peut pas l'évaluer, et elle peine à obtenir un financement.
L'ISAR est le groupe d'experts sur les normes internationales de comptabilité et de rapport. Son insistance affichée porte sur la promotion de données financières plus fiables, comparables et utiles.
Relier les points
Motaze a déclaré à la réunion que la difficulté d'application des normes se fait davantage sentir chez les petites et moyennes entreprises, qui représentent plus de 99 % de l'économie. Il devient donc nécessaire, a-t-il dit, de relier l'information financière, l'information en matière de durabilité et le renforcement des capacités.
Il a également désigné ce qu'il faut corriger autour des comptes : le cadre juridique, la coordination institutionnelle, ainsi que le développement des compétences et des systèmes numériques. La 43e session se tient dans un contexte de besoins d'investissement pressants, qui exigent que des informations crédibles soient mises à la disposition des prêteurs.
Pourquoi c'est important pour les investisseurs et les exportateurs
Pour quiconque envisage le Cameroun comme destination d'investissement, la qualité des comptes des entreprises est une question concrète. Elle détermine si une banque peut prêter à un partenaire local, si un investisseur peut vérifier une entreprise, et si une firme peut prouver à ses acheteurs étrangers qu'elle respecte leurs règles de reporting, comme les producteurs doivent le faire dans l'article sur le cacao, le café et les règles de l'UE.
Elle se rattache aussi à la poussée de transparence que montre ce tour d'horizon : de l'échange d'informations fiscales dans l'appui de la Banque mondiale pour suivre les avoirs financiers à la réforme du Trésor dans la réforme du compte unique du Trésor. Le problème du Cameroun, dans tous ces sujets, est le même : une trop grande part de l'économie reste mal visible.

Ce qui était sur la table à Genève
La session, tenue au Palais des Nations du 30 septembre au 2 octobre 2026 sous l'égide d'ONU Commerce et développement (CNUCED), a placé en tête de son ordre du jour les besoins des micro, petites et moyennes entreprises en matière de comptabilité et d'information financière, suivis du lien entre information financière et information sur la durabilité. Ce sont les deux sujets que le ministre a reliés, et la CNUCED le cite parmi les intervenants de la session.
La question prend une forme particulière au Cameroun. Les entreprises y tiennent leurs comptes selon le cadre de l'OHADA, commun à 17 États africains, de sorte que tout régime allégé pour les petites entreprises relève d'un corpus de règles régional autant que d'une décision nationale. Selon notre lecture, Genève peut fournir des modèles et des orientations, mais le plus difficile est de rendre la tenue des comptes assez peu coûteuse pour qu'un petit commerçant y trouve son compte.
Ce qu'il faudra suivre
Il faudra guetter tout plan national faisant suite à Genève : un calendrier pour des normes de reporting simplifiées destinées aux petites entreprises, un soutien à la comptabilité numérique et la formation des comptables. Ce sont ces mesures qui mettraient en pratique les paroles du ministre.
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Sources et pour aller plus loin: Ministère des Finances (MINFI), Banque mondiale au Cameroun, CNUCED : 43e session de l'ISAR. Reportage de terrain : Clarice Arrey Tarkang et Hugues Djon. Les détails de la session proviennent d'ONU Commerce et développement (CNUCED). Mise à jour le 7 novembre 2026.
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